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Mardi, j'ai publié un post sur les 5 leçons que je retiens à 27 ans. La première disait, en gros : le "revenu passif" de l'immobilier locatif est un mensonge marketing.

Résultat ? J'ai passé ma journée dans les commentaires... à défendre l'immobilier. Oui, le truc dont je venais de casser le mythe. Laisse-moi t'expliquer ce paradoxe, parce qu'il cache la leçon la plus utile de la semaine.

Le débat qui a tout déclenché

Un lecteur, enseignant et investisseur, me répond : "l'immo locatif en France, c'est beaucoup de risques pour une rentabilité quasi nulle, et un rendement qui enrichit l'État avant toi."

Honnêtement ? Il n'a pas tort sur tout. La fiscalité française sur les loyers pique. La taxe foncière a explosé. Les litiges existent, j'en sais quelque chose : avec 4 appartements en location, j'ai eu ma dose de surprises.

Mais sa conclusion m'a fait réagir. Parce qu'elle jette le bébé avec l'eau du bain. Des milliers de cadres lisent ce genre de phrase et en concluent : "ok, donc l'immobilier n'est pas intéressant". Erreur. Le vrai sujet n'est pas "l'immo c'est bien" ou "l'immo c'est mort". Le vrai sujet, c'est de comprendre comment cet outil fonctionne. Pour décider en connaissance de cause, pas par peur.

Donc voilà le seul vrai super-pouvoir de l'immobilier

Pose la question à ta banque : "Prêtez-moi 150 000 € pour acheter des actions." Elle va rire. Poliment, mais elle va rire.

Maintenant demande 150 000 € pour un appartement locatif. Là, elle t'écoute. C'est ça, l'effet de levier : investir l'argent de la banque, pas le tien. Aucun autre placement accessible à un salarié n'offre ça. (Les SCPI à crédit un peu, mais c'est moins intéressant.)

Avec 10 % d'apport, tu contrôles un actif de 150 000 €. Et c'est le locataire qui rembourse une grosse partie du crédit. Dans 20 ans, le bien est à toi. Tu t'enrichis par l'amortissement du prêt, pas par le loyer.

Sur le papier, imbattable. Sauf que.

L'objection qui tue (et elle mérite qu'on la prenne au sérieux)

Mon contradicteur m'a sorti l'argument que tout futur investisseur devrait encadrer au-dessus de son lit : "Sur 20 ans, quand tu mets bout à bout tout ce que tu as dépensé, tu t'aperçois que le bien, c'est toi qui l'as payé. Ton locataire a juste payé le coût du crédit."

Faisons le calcul. Un appart à 150 000 €, acheté au feeling, sans stratégie :

  • Apport + frais de notaire : environ 15 000 € en one shot, avant même de commencer

  • Crédit sur 20 ans : environ 850 €/mois

  • Loyer encaissé : 650 €/mois

  • Taxe foncière, copropriété, entretien, assurances : environ 370 €/mois en moyenne

Effort réel de ta poche : autour de 570 € par mois. Pendant 20 ans. Soit environ 137 000 € sortis de ton compte, plus les 15 000 € de départ. Pour un bien qui en vaut 150 000. Le compte y est presque. Le locataire a payé les intérêts. Le bien, c'est toi.

Et le pire ? 570 €/mois placés en bourse à 7 % par an pendant 20 ans, ça donne environ 290 000 €. Sans locataire. Sans artisan à relancer. Sans taxe foncière. Et c'est sans compter les 15 000 € de départ que tu aurais placés en plus.

Alors pourquoi je le défends quand même ?

Parce que ce calcul décrit un MAUVAIS achat. Un achat fait dans sa ville, "parce que le quartier est sympa", en comparant juste le loyer et la mensualité. C'est le piège dans lequel tombent 80 % des primo-accédants, que ce soit pour du locatif ou pour leur résidence principale (où ils regardent encore moins les chiffres). Et franchement, je les comprends : c'est le seul calcul qu'on leur a montré.

Précision qui compte : je parle ici d'un achat locatif fait pour la rentabilité. Un achat patrimonial (le bel appart dans le centre que tu garderas 30 ans, ou que tu transmettras), c'est un autre raisonnement, avec d'autres critères. Mélanger les deux, c'est le début des ennuis. Et d'ailleurs, l'achat de la résidence principale mal réalisé est l'une des erreurs qui fait perdre le plus d'argent aux Français.

Mais le même levier, utilisé sur un bien à 9 % de rentabilité brute, avec une fiscalité optimisée (le LMNP par exemple, un statut qui permet d'amortir le bien et de réduire l'impôt sur les loyers), change tout. L'effort mensuel tombe proche de zéro. Et là, oui, tu construis 150 000 € de patrimoine avec l'argent des autres.

L'immobilier n'est ni un rêve ni une arnaque. C'est un outil exigeant. Le levier est réel, mais il ne pardonne pas l'à-peu-près. Tu fais le boulot d'analyse avant d'acheter, ou tu le paies pendant 20 ans.

Personne ne t'a appris ça à l'école. Moi non plus d'ailleurs. Je l'ai appris à la banque en voyant passer des dossiers, puis sur mes propres appartements. Litiges compris.

Concrètement, cette semaine

  1. Si un bien te fait de l'œil, calcule sa rentabilité nette : loyers annuels moins TOUTES les charges, divisé par le coût total d'acquisition (notaire inclus). Sous 5 %, passe ton chemin. La liste des charges principales : intérêts et assurance du crédit, assurance du bien, charges de copropriété, entretien, taxe foncière, comptabilité, et frais de gestion si tu délègues pour être plus tranquille.

  2. Si t'as entre 20 000 et 80 000 € qui dorment, et aucune envie de gérer un locataire ni de fournir l'effort d'un investissement immo, la bourse a tout son sens. Liquide, simple, 10 minutes par mois une fois ta stratégie mise en place. D’ailleurs même si tu es prêt à faire les efforts, tu devrais mettre le moins d’apport possible dans ton bien immobilier pour placer le reste.

  3. Dans les deux cas, automatise ton épargne. Virement le 5 du mois, allocation prédéfinie, tu ne touches plus à rien. C'est comme ça que j'ai construit mon patrimoine financier en 3 ans et demi.

Immo, bourse, ou les deux ?

En règle générale : ta capacité d'emprunt, tu la réserves à l'immobilier, en sortant le moins possible de ta poche. Ton épargne et ta capacité d'épargne, tu apprends à les investir en bourse.

Cette newsletter te donne la grille de lecture. Mais ta situation a ses propres paramètres : ton épargne, ta fiscalité, ton temps disponible, ta tolérance aux galères. Si tu veux qu'on regarde ton cas concret ensemble, je propose un appel de 45 minutes, gratuit, sans engagement.

À samedi prochain,

Jazz Le copilote financier des cadres salariés

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