La phrase revient presque à chaque fois que je parle d'investissement avec un débutant, ou avec quelqu'un qui n'a encore jamais investi. "L'investissement, franchement, je trouve ça abstrait." Souvent dite par quelqu'un qui tient son téléphone dans la main en me parlant.

Ce téléphone, une entreprise l'a fabriqué. Une vraie. Avec des usines, des ingénieurs, des camions. Une entreprise que cette personne pourrait posséder en partie. Et c'est tout le sujet d'aujourd'hui. L'investissement n'a rien d'abstrait. C'est juste l'autre côté du comptoir.

Pourquoi ton appart te semble réel (et pas les actions en bourse)

Ton logement, tu le touches. Tu dors dedans, tu y ranges tes affaires. Forcément, il te paraît tangible.

Une action, à l'inverse, c'est une ligne sur un écran. Un nombre qui monte et descend. Rien à toucher. Le cerveau classe ça dans la case "pas réel", à côté du Monopoly.

Sauf que cette ligne sur l'écran représente quelque chose d'aussi concret que les murs de ta chambre. On a juste oublié de te le montrer.

Ce sentiment que tout ça flotte dans le vide, que c'est un casino pour initiés, c'est souvent le blocage numéro 1 des personnes qui veulent débuter. Consciemment ou pas, elles se disent : je vais faire un pari, je n'y connais rien, je veux peut-être gagner mais j'ai de grandes chances de perdre.

Tant que l'investissement reste abstrait dans ta tête, tu n'y mettras jamais un euro. Et c'est logique. On ne confie pas son argent à quelque chose qu'on ne voit pas et qu'on ne comprend pas.

Donc je vais t'aider.

Refais ta journée de ce matin

Tu t'es levé. Café : une entreprise l'a cultivé, torréfié, distribué. (Souvent plusieurs entreprises d'ailleurs.) Plein de ces boîtes sont cotées en bourse.

Lumière en te levant : une entreprise produit ton électricité. Cotée, elle aussi. Le métro ou la voiture pour aller bosser : encore des entreprises, des constructeurs, des réseaux. Ton appli bancaire que tu ouvres machinalement : une boîte, des serveurs, des milliers de salariés derrière.

Ta journée, du réveil au coucher, c'est un défilé d'entreprises réelles. Tu ne les vois pas comme ça, mais tu passes ta vie au milieu d'elles. Tu les fais tourner.

Et toi aussi, d'ailleurs, t'en es une pièce. Tu bosses très certainement dans une boîte où t'es un rouage d'une grande machine qui a un but : gagner de l'argent en échange d'un produit ou d'un service. Tu sais exactement comment ça marche, tu le vis du dedans tous les jours. Eh bien quand tu investis, tu te branches sur cette même mécanique, mais de l'autre côté. Tu emploies indirectement des gens. Tu finances des machines, des bureaux, des salaires. Le truc que tu fais tourner pour ton patron, tu commences à le faire tourner pour toi.

Et c'est là que ça devient intéressant

Tous les jours, tu finances ces boîtes. En tant que client. Ton argent sort de ta poche et part chez elles. Dans un seul sens.

Une action, c'est juste l'autre position. Au lieu d'être seulement celui qui paie, tu deviens aussi celui qui possède un bout. Le même comptoir, mais tu passes du côté qui encaisse.

Concrètement : une part d'entreprise, c'est une part de ses usines, de ses marques, de ses contrats, de ses bénéfices futurs. Quand la boîte vend un téléphone ou un paquet de café avec une marge, cette marge revient aux propriétaires. Si tu en es, une miette te revient. Là, aucune magie : on te donne juste ta part de la production réelle du pays, en tant qu'investisseur.

Prends un exemple que tu connais. Le supermarché où tu fais tes courses encaisse des milliards par an. Une partie part en salaires, une partie en loyers, en camions, en stocks. Et ce qui reste, le bénéfice, revient à ceux qui possèdent l'enseigne.

Aujourd'hui ce sont des fonds, des familles, des actionnaires anonymes. Demain, ça pourrait être toi pour une toute petite part. Tu remplirais ton caddie en touchant un bout de ce que tu dépenses. C'est exactement ce retournement que je veux que tu sentes.

"Mais je vais jamais choisir la bonne entreprise"

Légitime. Personne ne sait laquelle va cartonner dans 15 ans. Moi non plus, et j'ai bossé en banque.

Bonne nouvelle : t'as pas à choisir.

Un ETF, c'est un panier qui contient des centaines d'entreprises d'un coup. Un seul achat, et tu possèdes un petit bout de l'économie mondiale. Le café, l'électricité, les téléphones, les supermarchés. Tout le défilé de ta journée, d'un seul geste.

Tu ne paries pas sur une boîte. Tu deviens copropriétaire de l'ensemble. Et l'ensemble, historiquement, produit plus chaque année. C'est ça que tu achètes : ta part de l'économie réelle qui tourne, pendant que tu dors.

Voilà pourquoi la bourse est aussi réelle que ton salon. Derrière chaque ligne, il y a du béton, des gens, des machines. On t'a juste vendu ça comme un truc de spécialiste avec des graphiques compliqués. Alors que c'est l'inverse : c'est la chose la plus terre à terre qui soit.

Personne t'a appris ça à l'école. Normal. On t'apprend à consommer ces entreprises, jamais à en posséder.

Ton exercice cette semaine

  1. Refais ta journée d'hier dans ta tête. Note les marques que tu as utilisées, mangées, croisées. Café, transport, courses, banque, assurance. Tu vas vite arriver à dix ou quinze.

  2. Sur ces dix ou quinze, demande-toi : combien sont des entreprises dont je pourrais détenir un bout ? La réponse va te surprendre. La plupart.

  3. Une fois que t'as senti que c'est réel, passe à l'acte : un ordre en bourse, maintenant, même un minus de 5 €. Juste pour faire le geste une fois.

Si tu remets à demain, si un doute revient, si tu ne sais pas par où commencer, c'est exactement là que l'appel découverte sert.

Comprendre que c'est tangible, c'est le déclic. Le passer en actes dans ta situation, c'est l'étape d'après. Quelle enveloppe, quel ETF, combien chaque mois selon ce que tu gagnes et ce que tu vises. Si tu veux qu'on cale ça ensemble, je propose un appel de 45 minutes, gratuit, sans engagement.

À samedi prochain,

Jazz Le copilote financier des cadres salariés

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