Tu as peut-être un ETF qui suit le marché mondial. Si le mot ne te parle pas : c'est un panier qui regroupe des centaines, voire des milliers d'entreprises. Tu achètes une part, tu possèdes un bout de tout le lot. Simple, peu coûteux, malin.
1 500 entreprises, tous les pays, tous les secteurs. Tu te sens diversifié, tranquille.
Le jour d'un vrai krach, tu vas déchanter.
Parce que ces 1 500 entreprises vont toutes tomber en même temps. Le même jour, dans le même rouge. Et là, tu comprends une chose que personne ne t'a expliquée : diversifier DANS les actions, ce n'est pas être diversifié.
Le malentendu qui coûte cher
Avoir mille actions au lieu d'une, ça te protège d'un risque : qu'une seule boîte coule. C'est déjà bien.
Mais face à un krach général, c'est une autre histoire. Quand la panique s'installe, tout le monde vend tout, partout, en même temps. Les belles boîtes comme les mauvaises. Ton panier mondial plonge d'un bloc.
La vraie diversification, ce n'est pas d'avoir plus d'actions. C'est de mélanger des choses qui ne réagissent pas pareil au même événement. Pour que, quand l'une s'effondre, une autre tienne le mur.
C'est là qu'entrent en jeu les classes d'actifs.
Le rôle de chacune quand ça tangue
Les actions, c'est ton moteur. Ce qui fait grossir ton patrimoine sur le long terme. Mais c'est aussi le plus violent à la baisse.
Les obligations, surtout d'État, c'est ton coussin. Quand les investisseurs paniquent, ils fuient les actions et se réfugient dedans. Elles montent souvent quand les actions chutent.
L'or, c'est ton assurance chaos. Il ne produit rien, mais dans les grandes crises de confiance, il joue la valeur refuge. Il tient quand le reste brûle.
Le cash, enfin, c'est ta sérénité et tes munitions. Il ne rapporte quasi rien, mais ne baisse jamais. Et le jour où tout est soldé, c'est lui qui te laisse racheter à bas prix.
La démo : 2008, trois portefeuilles côte à côte
Prenons la pire année récente. 2008, la crise financière. Les actions mondiales perdent environ 37 %. Regarde sur 100 000 €, selon ta répartition.
Portefeuille 1, tout en actions. Tu finis l'année à 63 000 €. Une claque à 37 000 €.
Portefeuille 2, le classique 60 % actions, 40 % obligations d'État. Les obligations ont grimpé de 20 % cette année-là. Tu finis à 86 000 €. Perte limitée à 14 000 €.
Portefeuille 3, vraiment diversifié. 40 % actions, 35 % obligations, 15 % or, 10 % cash. Tu finis à 93 000 €. 7 000 € de perte à peine, sur l'une des pires années de l'histoire boursière.
37 000 € de perte contre 7 000 €. Même krach, même argent au départ. Toute la différence est dans la répartition.
Tu te demandes sûrement : "OK, mais moi, c'est quoi ma bonne répartition ?" Tu le voyais venir, mais il n'y en a pas d'universelle. La tienne dépend de ton âge, de ton horizon, de ce que tu as déjà, de ta tolérance réelle à voir ton capital bouger.
C'est l'un des aspects de mon accompagnement. Je t'apporte un regard neutre et l'expérience de quelqu'un qui a vu la machine de l'intérieur. On part de toi. On pose à plat tout ce que tu possèdes, classe par classe, et là, surprise quasi systématique : la plupart des gens découvrent qu'ils sont à 100 % sur une seule chose. Tout sur le Livret A. Ou tout sur l'immobilier. Ou tout sur un ETF actions.
Ensuite, on construit ta répartition. Celle qui te fait dormir la nuit tout en faisant travailler ton argent. On la met en pilote automatique, et je te rends autonome à vie sur tes investissements. Et ça, ce n'est qu'une partie du travail.
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Le vrai bénéfice de plusieurs classes d'actifs
Tu vas me dire : "OK, je perds moins, et alors ? Ça remonte de toute façon."
Sauf que non, pas pour tout le monde. Celui qui voit son capital fondre de 37 % panique. Il vend au plus bas et rate le rebond. On en a parlé, c'est l'erreur numéro un de l'investisseur.
Celui qui perd 7 % ? Il dort. Il ne touche à rien. Il traverse la tempête sans faire de bêtise.
Et il y a les maths derrière, impitoyables. Pour revenir à l'équilibre, il faut toujours regagner plus que ce que tu as perdu, parce que tu remontes depuis une base plus petite. Après une chute de 7 %, il te faut +7,5 %, presque rien de plus. Mais après une chute de 37 %, il te faut +59 %. Et après un −50 %, il te faut carrément +100 %. Plus tu tombes bas, plus la remontée devient hors de portée.
Le twist que les vendeurs de rêve oublient
Maintenant, sois lucide. La diversification n'est pas magique, et elle a deux prix.
En période faste, quand les actions flambent, un portefeuille diversifié gagne moins que le tout-actions. Tu échanges de la performance en haut contre de la protection en bas. C'est un choix, pas un repas gratuit.
Elle n'est pas efficace à 100 %. En 2022, actions ET obligations ont baissé ensemble, du jamais-vu depuis des décennies. Aucune répartition n'est parfaite. Le but n'est pas de ne jamais perdre, c'est de ne jamais perdre au point de craquer.
Au fond, le meilleur portefeuille n'est pas celui qui affiche le plus beau rendement sur le papier. C'est celui que tu arrives à garder, sans le lâcher, quand tout le monde panique.
Concrètement cette semaine
Regarde ton épargne autrement. Pas ligne par ligne, mais classe d'actif par classe d'actif. Combien en actions, obligations, or, cash, immobilier ? La plupart des gens sont à 100 % sur une seule chose.
Pose-toi la vraie question : si les marchés chutaient de 40 % le mois prochain, est-ce que je tiendrais sans vendre ? Si la réponse est non, ta répartition n'est pas la bonne.
Ton dosage dépend de ton horizon. Plus il est lointain, plus tu peux encaisser d'actions. Plus il est proche, plus tu sécurises. Il n'y a pas de répartition idéale universelle, il y a la tienne.
On la construit ensemble ?
Tu l'as compris plus haut, poser ta répartition et la mettre en place fait partie de mon métier. Si tu veux qu'on fasse ce point sur ta situation, c'est 45 minutes, gratuit, sans engagement.
À samedi prochain,
Jazz Le copilote financier des cadres salariés
